Césarienne, cicatrice de notre épreuve

29-août-2013 par

Césarienne, cicatrice de notre épreuve

As salam aleykoum, bonjour,

Parler de la césarienne sur un blog de maternage pourrait paraître contradictoire voire inapproprié .
Et pourtant…
Sujet souvent tabou, empli de lourds silences, de jugement hâtifs, les mamans césarisées portent en elles, bien souvent, ce lourd fardeau. Comme si parce qu’elles n’avaient pas pu accoucher par voie basse , comme si elles n’avaient pas « su » elles devraient être condamnées à n’en point parler, à en avoir honte et vivre avec.

Il n’est pas question d’aborder le sujet des césariennes de complaisance, choix raisonnée et assumée pour certaines femmes . Je pense à celles , qui ont tenté, et tout mis en oeuvre pour donner une naissance la plus sereine qui soit à leur enfant.

Il est parfois difficile de faire face à ce discours du « tout est médicalisé » quand on porte en soi une cicatrice physique et morale qui nous marquera à vie.
Il ne s’agit pas de nier ce fait: la trop grande médicalisation de l’accouchement a pour conséquence une hausse des césariennes. On assiste également à une augmentation des césariennes dites « abusives » parce que pour un souci de planning, pour une impatience du corps médical , pour un soucis de rentabilité de la clinique on se retrouve démunie et sans même le temps de s’en rendre compte sur une table froide de salle d’opération…

Quand on apprend sa grossesse, que notre ventre s’arrondit, que l’on sent la vie éclore en nous , on s’imagine, on idéalise cet accouchement , cette rencontre avec notre bébé. On se voit déjà soutenue par notre conjoint, lui tenant la main, et seulement après quelques poussées on sent déjà la chaleur de notre bébé encore chaud posé tout contre notre sein.

Il ne peut en être autrement. Et pourtant…

On ne se prépare pas à ce que tout bascule, on ne se prépare pas à cette idée que l’accouchement puisse être éprouvant, difficile. Du moins, on ne se prépare jamais suffisamment…
Jamais dans nos plus doux rêves, on imagine qu’un col ne puisse plus s’ouvrir, que notre enfant ne puisse descendre dans le bassin, que le cordon vienne s’enrouler autour du cou de notre bébé ; pire, jamais dans cet accouchement tant idéalisé on ne lit la peur dans les yeux de notre époux, la peur de perdre sa femme et son enfant. Jamais on entend résonné le moniteur qui indique la chute du rythme cardiaque de notre enfant , au point où on se voit déjà rentré chez soi, à deux…

Non jamais.

Qui ne souhaiterait pas mettre au monde son enfant dans la chaleur de son chez soi? Offrir à ce petit être une naissance douce et sereine? Une naissance apaisée baignée dans une lumière tamisée loin de la froideur d’une salle d’opération. Qui?

La cicatrice que vous portez est un signe de la difficulté de votre accouchement, de la souffrance que vous avez dû enduré voire même de l’urgence vitale dans laquelle bébé et vous étiez.

Alhammedou lillah, vous êtes musulmanes. QadarAllah vous n’avez pu accoucher naturellement , mais vous avez su, par la grâce et avec l’aide d’Allah, vous avez su, donné la vie. Et cela, personne ne peut vous l’enlever.

Vous acceptez le décret d’Allah et telle est le comportement de la croyante, ceci est le sens de la « soumission à Dieu »:
Accepter que malgré tous les moyens que vous avez mis en oeuvre, Allah en a décidé autrement.

A toutes mes soeurs césarisées, à toutes ces femmes qui sont passées par cette épreuve, ne perdez jamais de vue la finalité de cet accouchement: le don de la vie à un enfant en bonne santé.
Soyez reconnaissantes pour ce don qu’Allah vous a octroyé: Il vous a faites mère.

Il vous faudra passer par cette phase de deuil, le deuil d’un accouchement rêvé. Peut-être qu’un nouvel accouchement viendra panser les plaies du premier, car la césarienne est loin d’être irrémédiable. Peut être que vous vous accrocherez à un allaitement qui vous fera sentir que vous donnez le meilleur à votre enfant.

Evincez ce sentiment d’échec, vous avez réussi a donné la vie avec l’aide d’Allah, vous y êtes parvenu.
Allah vous parle et vous dit:  » [...] il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne saviez pas « . ( Coran 2; V 216) 

Nous ne savons pas, nous ne savons rien. L’être humain a souvent bien trop confiance en lui et en ses capacités en oubliant que c’est Allah Seul qui Sait ce qui est le mieux pour sa créature.

Cette cicatrice est en vous, elle fait partie de vous, elle est le symbole du magnifique don qu’une mère peut donner à son enfant. Du sacrifice, de l’abnégation et cela est inscrit dans votre chair .
Le jour où on vous lavera , elle sera le témoignage de la dureté de la mise au monde de votre enfant mais surtout du merveilleux don qu’Allah vous a octroyé.

A l’entourage de ces femmes, soyez pour elles une oreille attentive. Accompagnez les dans le deuil de cet accouchement. Soutenez les dans les difficultés des suites de couches.
Ne portez aucun jugement, car dans le huit clos d’une salle d’accouchement, personne ne sait ce qu’elles ont pu traversé et ce par quoi elles sont passées.

A vous mes soeurs enceintes , Qu’Allah vous préserve ee passer par cette épreuve et vous accorde un accouchement tel que vous le rêvez. Gardez néanmoins à l’esprit que rien n’est acquis d’avance, de nombreux facteurs peuvent conduire à une césarienne. Prenez le temps de lire , de vous renseigner sur le déroulement d’un accouchement de façon à mieux appréhender les imprévus, cela vous préservera d’une déception trop grande et d’un baby blues interminable. Une femme avertie en vaut deux.

Qu’Allah face que les souffrances endurées soient le moyen de l’expiation de nos péchés.
Qu’Allah nous compte parmi les reconnaissantes et nous préserve de l’ingratitude.

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10 Commentaires

  1. Je ne suis pas musulmane mais je me retrouve dans cet article.
    J’ai eu une césarienne (bébé trop petit + complication de la grossesse qui n’ont pas laissé le choix), j’y étais préparée, mais ce fut quand même très dur.

    J’étais déçue de ne pas savoir ce que c’est que d’accoucher « normalement’, ça représentait pour moi quelque chose de si important dans le fait d’être mère, cette douleur de l’enfantement…

    Mon mari m’a dit une belle phrase pour me faire relativiser :
    « tu ne connais pas la douleur physique de l’accouchement, mais tu connais la douleur psychologique de ne pas mettre au monde toi-même ton enfant. Ce n’est pas la même douleur, mais toi aussi tu as souffert. »

    Bon, a posteriori, je peux vous dire qu’avec une césarienne, la douleur physique, on la connaît, elle est différente, mais elle dure bien plus longtemps !

  2. clarie

    Walaykoum as salam

    Merci pour ce post et l’avoir lu m’a fait beaucoup de bien.

  3. salam aleykoum
    al hamdoulillah j ai eu 5 accouchemzbts et les 5 par voies basses
    cependant lors de mon dernier acciuchement tout comme le premier la sage femme en avait marre d attendre que ma fille ne sorte donc elle s est mis a s agiter dans tous les sens ( dès que mon mari est sorti pour aller faire sa prière) et m a dit pour le bien du bébé je vais appeler l obstétricienne et on ca devoir faire une césarienne
    j ai du batailler pendant une heure entre les 2 sages femmes ,l obstétricienne et les contractions pour leur expliquer que tout allait bien et que si l une d entre elle s avisait de m endormir je porterai plainte ce fut monstrueux
    quand mon mari est rvenu dans la pièce l air de rien elkes lui ont dit elle se débrouille bien on a eu un peu peur tout a l heure mais maintenant tout va bien
    pour ma première c est ma mère qui leura interdit de me charcuter si elle n avait pas été là j’aurais subi une cesarienne pas utile
    le corps médical !!!!
    bref comme l a dit la soeur préparez vous bien akhawates et demander a Allah de vous donner xe qu il y a de mieux pour vous et votre bébé

  4. oum ayyoub

    salam aleyki wa rahmatullah
    Ma césa en urgence remonte a 4 ans, j’ai réussi à « m’en remettre », avec un accouchement super mashaaAllah il y a un mois et demi. Ca fait du bien de lire, et de se retrouver dans un texte. La sensation de ne pas avoir accouché, d’avoir raté quelque chose, de ne pas aimer son enfant, la douleur physique pendant longtemps après, et la douleur psychologique, je suis musulmane alhamdulillah j’ai essayé de relativiser, j’ai relativiser je me suis dit que c’était un kheir mais j’avais toujours cette sensation d’echec, je pense avoir fait une légère depression. Surtout le fait de ne pas être entouré après, ca a été dur aussi wa alhamdulillah ala kulli hal, de ne pas etre comprise, parce que pour les gens c’est rien une césa, il y en a meme qui la demande hein. J’ai tout fait ensuite pour que l’allaitement fonctionne (2 ans et demi), que je sois au petit soin pour lui, une façon de se rattraper surement wa Allahu’alam
    désolée pour mon roman en tous cas ça fait du bien de lire un article sur ce sujet, barakAllahoufiki

  5. Laurène oum Aïssatou

    Encore une fois, je pleure, comme chaque fois que je lis ou que j’entends parler de césarienne. Depuis 15 mois, j’ai bien cicatrisé physiquement mais la blessure morale est toujours là. Je ne peux toujours pas en parler sereinement, inévitablement ma gorge se serre, les son ne sortent plus et les larmes coulent. D’autant plus que d’autres difficultés se sont ajoutées et que l’allaitement ne s’est pas poursuivi aussi longtemps que je l’avais souhaité. Trop de douleurs, peut-être pas assez de persévérance. A l’époque je n’avais pas encore la foi.

    Aujourd’hui, nouvelle grossesse et je prie chaque jour pour qu’Allah nous donne un enfant en bonne santé qui naisse par les voies naturelles et de la manière la plus respectueuse possible pour nous deux insha Allah.
    C’est tout ce que je vous souhaite à vous aussi mes soeurs!

    Salam aleykoum wa rahmatoullah wa barakatouh.

  6. Que Allah te facilite ma soeur

  7. marwa

    c tt a fait ça on a l’impression ke l’on y est pas arrivé, que c nous qui sommes nul.moi j’ai grave culpabilisé et je ne me suis pas senti mère tte de suite, j’avais mal, c’était un échec pour moi, j’ai eu trés peur, tt c fait dans la précipitation.j’avais tellement peur pr moi ke je pensais pas a mon enfant.et aprés baby blues : j’ai pas réussi a accoucher, je n’avais pas ma montée de lait et des crevasses en sang.je pouvais pas m’occuper de mon fils,impossible de me lever,de me tourner, de le soulever (3kg795.je pouvais meme pas lui donner un biberon, je pleuré et je tourner le dos a mn mari et mn fils, je me sentais incapable.j’avais l’impression d’etre nul comme mère.Perséverer dans l’allaitement c ça qui m’a aidé.
    j’avais fait beaucoup de douas pr avoir un bel accouchement et pas de césarienne et j’ai donc trés mal vécu de l’avoir subi mais el hamdoulilah maintenant j’ai guérit et je sais que Allah sait mieux que moi ce que je peut supporter, et c’est un mal qui peut etre est un bien pr moi, peut etre que l’accouchement par voie basse m’aurait plus traumatisé.Allahou ahlem…on ne peut pas toujours refuser la césarienne, quand ça fait des heures qu’on pousse, qu’on essaye de vous le retourner,qu’il ne veut pas descendre, desfois c la vie du bébé ou de la mère en cause et il faut faire confiance au personnel médical, chaque cas est particulier,chaque femme est différente.Surtt ne culpabilisez pas, ça vous bouffe la vie.Ce n’est pas l’accouchement qui fait la mère,c l’education et ttes les autres années de souffrances morales, de peur et d’amour pr votre enfant.El hamdoulilah j’ai donné la vie peut m’importe la manière et je donnerai tt pr ke mn fils soit pieux vertueux généreux, qu’il réussissent dans cette vie et dans l’au delà..et c’est tt ce que je vous souhaite..Ya Allah donne la santé,la piété,la réussite ici bas et dans l’au delà a nos enfants.amin

  8. Leila

    Merci.
    Barakalaoufik oukhti

  9. Salwa

    Salam Alaykom

    C’est un sujet vraiment important, et c’est bien ma soeur, d’avoir pû mettre les bons mots dessus.
    Césarienne qui peut être vécue comme un échec personnel…
    Souvent, les mamans césarisées ne retrouvent pas leur place quand les autres débattent sur « les naissances naturelles ».
    Oui, le médical est là, et pour une raison ou une autre, el Hamdoulilleh, le progrès de la science est quand même utile, même si, utilisé abusivement, il peut porter à préjudice. Comme tout, au final.

    Faire le deuil d’un accouchement difficile, quelqu’il soit (que ce soit une césarienne ou non, d’ailleurs) est sûrement important pour avancer, et faire tourner les choses.
    Mettre des mots sur sa douleur, sur sa colère, sur sa tristesse est souvent nécessaire.

    Aux soeurs qui se sentent victimes d’avoir subi un geste médical irrémédiable lors de votre accouchement (césarienne, pose de péri « forcée », gestes violents, etc…) n’hésitez pas à écrire au directeur de l’hôpital où vous avez accouché. Même si au final, vous n’enverrez peut-être pas cette lettre… Mais mettre des mots sur ce que vous avez subi, peut vraiment aider à faire un pas vers le deuil.

    (Une maman qui est passée par là… -bien que ce ne fût pas une césarienne-)

    PS : je rappelle aussi : http://www.cesarine.org (association de soutien et d’information sur la césarienne)

    • BarakAllahou fik Salwa pour ce complément , effectivement le forum Césarine est très riche en information et permet d’échanger avec de nombreuses mamans qui sont passées par là.

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