Connaître sa fertilité

11-fév-2013 par

Connaître sa fertilité

As salam aleykounna, bonjour !

Avec l’émancipation de nos consciences, nous modifions nos relations à nous-même et au monde qui nous entoure. Nous interrogeons nos choix de vie et parfois les changeons. Que ce soit par respect de la création, dans un soucis écologique; ou par respect des créatures, dans un soucis plus sanitaire; nous nous efforçons de «ne pas nuire» !

Musulmane, nous savons que nous rendrons des comptes sur l’usage que nous avons fait de notre environnement, de notre santé, du monde tant au niveau écologique, qu’au niveau social, que nous laisserons à nos enfants. Bon nombre de débats actuels peuvent être conformes à nos aspirations de croyantes, dans l’adoration que nous vouons a Dieu. C’est dans cet ordre d’idées que je vous présente cette série d’articles sur les signes de la fécondité.
Beaucoup de femmes souhaitent augmenter leurs connaissances dans ce domaine pour asseoir le choix qui leur conviendra. J’insiste sur le fait que l’important pour moi est ici de transmettre des connaissances, et que le choix de se fier a une méthode ou une autre ne peut se faire que par chacune d’entre nous en son âme et conscience, relativement à sa réalité personnelle, familiale, à sa santé, à ses aspirations. L’information est à notre portée, Allah Malik alHamd, le choix est de notre responsabilité propre. La fertilité, s’il est possible d’en reconnaître des signes, n’est pas l’affaire de la femme uniquement, mais bien une affaire de couple. L’idéal aurait été que nous soyons toutes formées à cela dans notre jeunesse (mamans, pensez à instruire vos filles), mais que nos maris en connaissent aussi l’existence pour qu’ils soient acteurs à leur tour dans ce jeu de couple (mamans, pensez à informer vos fils).Savoir prévoir et repérer dans le cycle féminin la période de fécondité, permet d’être acteur de sa vie parentale. La méthode peut aider à favoriser la grossesse, ou à la différer, en adaptant les rapports sexuels au moment du cycle dans lequel on se trouve. Certains parlent de « contraception naturelle », « contraception verte », « planification naturelle des naissances », les approches sont multiples mais toutes se rejoignent quant aux signes à observer : température basale, glaire cervicale, col de l’utérus.

Nous détaillerons tour à tour ces différents points, mais pour bien introduire le sujet,  faisons un tour sur la fécondité elle-même.

On parle généralement de la fertilité en sous-entendant féminine, puisque celle-ci est cyclique et varie donc plus fréquemment que la fertilité de l ‘homme. Mais dans un couple, la fertilité dépend des deux membres. La fertilité masculine, différente d’un homme à l’autre, et d’une semence à une autre chez un même homme, s’installe à la puberté. Elle est en lien avec le nombre et la qualité des gamètes (spermatozoïdes) présents dans la semence (sperme). Même si leur nombre diminue avec l’âge, leur production perdure tout au long de la vie de l’homme. Ainsi la fertilité masculine se poursuit dans la vieillesse, à la différence de la fertilité féminine. La qualité des gamètes quant à elle, peut être altérée par la consommation de tabac, d’alcool, de drogues, et l’exposition à certains produits polluants concentrés notamment sous forme de pesticides, fongicides, produits pharmaceutiques. Enfin certaines infections liées à des MST peuvent aussi perturber durablement la fertilité masculine.

La fertilité féminine,nous parlerons de fertilité naturelle, pour souligner qu’il s’agit de fertilité théorique, en dehors de tout usage de contraceptifs hormonaux perturbateurs. Cette fertilité naturelle a un rythme, elle est cyclique, elle se recommence régulièrement dans une même succession de phases. On différenciera une phase de menstrues en début de cycle, une phase d’infertilité relative (ses 2 phases forment la période pré-ovulatoire), puis une phase de fertilité (phase ovulatoire), finalement une phase d’infertilité absolue (post-ovulatoire); à laquelle succèdera un retour des menstrues et donc le début d’un nouveau cycle.

Cet ordre répond à des productions hormonales au niveau des ovaires, sous contrôle de l’hypothalamus (glande du cerveau). Chaque hormone, œstrogène et progestérone, agissent différemment et à des moments bien déterminés, et orchestrent le déroulement des différentes phases, déclenchant des signes visibles et mesurables permettant à chaque femme de se repérer dans son cycle.

La fécondité de la femme est directement liée à la libération d’un ovule dans une trompe (dite de Falloppe) le conduisant de l’ovaire vers l’utérus. Cet ovule reste vivant 8 à 12h. Quelques femmes, quelques fois, on une seconde ovulation suivant la première de quelques heures, ce qui emmène à dire que la fécondité de la femme dure sur 24h à l’intérieur d’un cycle. C’est dans cette période que l’ovule peut être fécondé et qu’une éventuelle grossesse peut s’installer.

Toutefois cette fertilité théorique de la femme est à mettre en parallèle de celle de l’homme, pour avoir une idée de la période réelle de fécondité du couple. En milieu favorable les spermatozoïdes peuvent vivre jusqu’à 6 jours[1] et ainsi être prêt dés l’ovulation à féconder l’œuf libéré. La période de fertilité du couple s’étend alors des 6 jours précédant l’ovulation, aux 24h suivants la libération de l’ovule dans le corps féminin. C’est cette période qu’il nous faut apprendre à repérer pour une utilisation de planification des naissances.

Le point de départ d’un éventuel changement de votre méthode contraceptive se trouve dans un dialogue de fond au sein du couple puisque c’est ensemble que vous en assumerez la gestion. Les couples qui choisissent la planification le font souvent par choix de responsabilisation de leur santé. C’est une méthode qui paraît a certain de prime abord comme contraignante sur la vie sexuelle, puisqu’elle implique de trouver d’autres moyens contraceptifs (mécaniques), durant la période de fertilité, ou d’autre façon d’échanger physiquement au sein du couple. Elle permet pourtant un dialogue de fond et une construction autre des rapports homme-femme qui peuvent être profitables. Elle nous offre aussi, finalement, d’être acteur dans notre désir d’enfants, de nous poser de vraies questions sur nos choix de vie, nos souhaits familiaux.

Pour l’aborder en théorie, nous ferons un tour des contraceptions classiques, afin de savoir l’éventail des choix qui est le notre dans notre époque moderne; et savoir qu’elles alternatives existent en période de fertilité. La méthode de planification même lors de son apprentissage pratique n’est en effet pas compatible avec une contraception hormonale puisque pour observer les signes durant le cycle, il faut qu’il y ait bien cycle, et donc ovulation. Ce que les pilules, implants, patch empêchent, ainsi que les modèles intra-utérin (stérilet) contenant, pour certains,  un principe hormonal. Par ailleurs, un usage prolongé de ces méthodes peut nécessité par la suite un certain temps avant que les cycles reprennent un fonctionnement « normal ». Ces présentations feront l’objet d’un prochain article afin de ne pas trop étoffer celui-ci.. Par la suite nous aborderons les différentes observations sur lesquelles il est possible de s’appuyer : température basale, glaire cervicale, col de l’utérus. Vous serez ensuite outillées pour faire un choix éclairé de ce qui vous convient actuellement, et revoir ce choix ponctuellement dans des moments charnières de vos vies,pour vous assurez qu’il correspond à vos impératifs, vos priorités, vos consciences, vos personnes…

A vous de démarrer déjà vos réflexions personnelles, ou en couple. Vous voilà avec une base de départ avant d’évaluer la faisabilité.

 

[1] Wilcox AJ et al. Timing of sexual intercourse in Relation to ovulation. N. english J. medicine 345 (2001) : 1388-1393

ps : Dossier rediffusé dû à un nombre important de questions à ce sujet

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9 Commentaires

  1. Khady

    as salam alaykoum
    Barrakallahu fik Imane pour cette belle introduction.
    Il va s’en dire que tu soulève ici le vrai sens d’un mariage, d’une vie de couple, d’une construction familiale.

    Grossesse, enfants, nous les accueillons quand ils nous tombent dessus, alors qu’il est tout aussi important d’y réflechir avant.

    Merci de partager tes connaissances et toute la sagesse qui émane de toi.
    ;)
    salam

  2. morjana

    Assalamou aleykoum !

    J’attends avec impatience ces futurs articles inchaAllah, car en effet c’est un vrai dilemme que de choisir son moyen de contraception.
    J’aimerai surtout savoir si le stérilet au cuivre est conforme à notre religion (il parait qu’il a un effet abortif)
    Bref j’espère inchaAllah y voir beaucoup plus clair !

    Au plaisir de vous relir

    BArakaAllahou fik

    Assalamou aleykoum

    • Marie Imane

      assalamu aleykum

      je ne vais pas entrer sur la caractère licite ou non des différents moyens de contraception, mais je peux brièvement expliqué le mode d’action. Cela dit ils seront tous développés dans le prochain article in cha allah ta’ala.
      le sterilet au cuivre a une action spermicide car il perturbe le ph du corps, rendant leur survie limitée. Par ailleurs si une fécondation a tout de même lieu, la présence du sterilet dans l’uterus peut empecher l’attache de l’oeuf dans la muqueuse.
      Il faut savoir que les contraceptifs hormonaux aussi agissent sur l’endomètre, étant plus fin, l’oeuf a aussi moins de chance de s’ancrer.

  3. oum abdallah

    assalamou aleyki

    BarakALLAhou fiki pour cet article!
    J’attend avec impatience la suite ))

  4. Oum Hilal

    Assalam alaykoum wa rahmatuLlah,

    barakaLlahu fiki pour cette belle introduction oukhti. J’imagine que tu vas bien sûr aussi aborder la licéité de certains moyens contraceptifs inch’Allah.
    Merci d’insister sur l’éducation et la transmission du savoir parents-enfants, et aussi sur la communication dans le couple.
    Wassalam

    • Marie Imane

      assalamu aleykum

      pour aborder la licéité des divers contraceptifs, je ne vais pas entrer dans les polémiques oukhti, et je n’ai pas le savoir nécessaires pour défendre tel ou tel avis. Je vous donne des pistes, éventuellement le mode d’action. Ce qui m’importe c’est que chaque couple s’informe et s’assume, que chaque femme quand ça lui est possible se forme pour se rendre compte par elle même. Pour ce qui est de la foi, qu’Allah ta’ala nous rafermisse, toutes et tous amine. Pour les différents avis religieux, chacune à son école de rattachement waallahu allem. A l’epoque du prophète Mohammed aleyhi salat wassalam, la seule chose connue et autorisee etait le retrait, mais aucune infusion ou potion autre n’a été rendue licite à cette époque. Pour les moyens d’aujourd’hui, je renvoie chacun à sa responsabilité, face à son corps. allah est certes le tout savant et le bienveillant.

  5. Salam Aleykoum
    Très bon article très intéressant.

    J’aurais aimé être capable de suivre une méthode naturelle.

    Il est vrai que pour certaines femme cela peut s’avérer difficile. De plus des cycles particulié comme cycle long ou irréguliés, ovulation multiples pouvant avoir lieu à différents moments du cycle, les ovulations spontannées, peuvent rendre les méthode naturelles plus difficiles à maîtriser.
    Mais il est néanmoins très intéressant de les connaître ne serais ce comme tu dis pour les apprendre à nos filles incha’allah et en informer nos fils.

    Enfin, le choix contraceptif est vraiment comme tu dis basé sur l’écoute de soi, et de son compagnon dans une réflexion et un choix commun.

    Baraka Allahu fiki ma chère soeur.

    • Marie Imane

      assalamu aleykum

      sur les points suivants « des cycles particuliés comme cycles longs ou irréguliés, ovulation multiples pouvant avoir lieu à différents moments du cycle, les ovulations spontannées, peuvent rendre les méthode naturelles plus difficiles à maîtriser. »
      je te dirai qu’avec l’auto observation tu peux justement savoir quelles sont les particularités de tes cycles, et tu trouvera toujours une période d’infécondité « absolue ». C’est sûr qu’en dehors de cette période il faut être plus attentive que les femmes règlées comme des métronomes, mais des fois c’est aussi un piège de finir par se reposer un peu trop sur la régularité.
      Par ailleurs on voit souvent l’auto observation de la fécondité que du côté « je ne souhaite pas avoir d’enfant pour le moment »…mais c’est oublié toutes les femmes pour qui ça a été une cause de « ça y est je suis enfin enceinte »…
      Quoi qu’il en soit, que ce soit pour avoir un enfant, ou en repousser la venue, c’est toujours en Allah qu’on place sa confiance, et Il est le pourvoyeur de toute chose.

  6. Salam aleikoum j’ai la mm serie sur le blog qui est en route.

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